Nous en avons pris plein la vue dans ce pays où se côtoient des montagnes enneigées, des dunes géantes, des paysages volcaniques et une côte pacifique rocheuse. Il y a le nord et le sud, le désert et la jungle, des ruines anciennes pour nous occuper un bon bout de temps, des lacs à admirer et des villes labyrinthiques où se perdre. En 3 semaines, nous avons dû faire un choix qui s’est finalement porté sur le sud de ce merveilleux pays.

Nous nous sommes d’abord acclimatés dans la ville d’Arequipa. Il y a du monde partout, il est même difficile de se déplacer sur les trottoirs si étroits. Les gaz d’échappement des voitures nous étouffent, polluent. Nous allons nous réfugier dans le monastère de Santa Catalina qui est un couvent très coloré datant du XVIe siècle ; il forme une citadelle au cœur d’Arequipa, on est impressionné par la beauté du site. Arequipa est dominée par le volcan El Misti haut de 5822m. Où que l’on soit dans la ville nous pouvons admirer sa forme parfaite recouverte de neige.

Après 3 jours dans cette ville, nous prenons en charge notre nouvelle voiture, on a hâte de s’en aller ! Carte routière et boussole en main, nous sortons de ce labyrinthe sans panneau et commençons notre ascension, car nous devons passer un col à 5000m d’altitude pour rejoindre Colca. Arrivés au sommet, il vente, il neige et il fait tellement froid !! Nous apercevons même quelques vendeurs en sandales, on ne sait pas comment ils font pour supporter cette température. Le ciel est bouché, zut pour les belles photos ce jour-là mais nous ne serons pas déçus au retour qui nous réservera un paysage époustouflant.

Après 6h de voiture sur une route quasi en terre… nous arrivons au Canyon de Colca, le plus profond du monde ! Dans le village où nous dormons, Yanke, les routes sont en terre, les maisons aussi avec un toit de chaume et quasiment pas de voiture car ils sont très pauvres. Le 1er matin à 5h, j’entends un type hurler dehors, je suis sûre qu’on a un fou du téléphone comme voisin et bien non ! Figurez-vous qu’ils font leurs annonces des activités du jour avec un haut-parleur tous les matins afin que tous les villageois soient au courant, méthode très efficace je vous assure ! Donc, en étant réveillés tous les jours de très bon matin, nous avions plein de temps pour visiter les environs. On a eu droit à un guide formidable qui parlait anglais, ça m’a fait des vacances linguistiques pendant quelques heures. On a fait une promenade de 3h dans ce décor à couper le souffle ; en effet, nous avons dû traverser un pont sur le canyon, 100m de vide au-dessous, nous avons croisé des fermiers et leur bétail tel que moutons, vaches et ânes, nous avons admiré les plus belles terrasses de culture du pays et fini dans une source d’eau thermale au pied des montagnes, quelle merveille ! Le lendemain, nous sommes allés admirer les plus grands oiseaux de monde, les condors (3m d’envergure) ; ils faisaient chacun à leur tour leur danse dans le ciel bleu, planant tels des oiseaux majestueux au-dessus d’une gorge de plus de 1000 m de profondeur.

Nous avons repris la route pour aller à Puno, la ville au pied du fameux lac Titicaca, située à 3900m d’altitude. Là encore, nous sommes bouche bée face au paysage incroyable que nous offre ce chemin. En plus d’une vue à 360° (il est difficile de vous montrer l’ampleur du paysage par les photos malheureusement), nous admirons les troupeaux d’alpagas, de lamas, de guyacos et de moutons, en liberté totale, wow ! Puno est une ville énorme, avec ses ruelles minuscules, c’est un tour de force pour Olivier de circuler dans ces ruelles tout en évitant d’écraser un humain, un animal ou autre… Cette ville est aussi très polluée mais là c’est un peu plus dérangeant car on a déjà du mal à respirer à cette altitude. On marche très lentement et faisons des pauses lors des montées d’escaliers. On quitte cette ville pour aller plus près de ce lac mythique à Chicuito. Le lac est une mer si bleue au milieu des montagnes, c’est magnifique. On prend un bateau pour aller sur les îles flottantes d’Uros, uniques au monde. On est accueillis par 5 familles qui vivent sur ces roseaux. Elles vivent de la chasse, de la pêche et de leur artisanat. On est dans un autre temps, c’est incroyable. Grâce à la présence de Mya et Nolé, nous sommes accueillis encore mieux que si on avait été qu’Olivier et moi. Ils n’ont pas souvent l’occasion de voir des enfants européens et sont tout intrigués. On leur achète quelques-uns de leurs produits artisanaux et Mya et Nolé se font offrir des petits présents, on est très touchés. Vous pouvez vous rendre compte de la beauté du paysage sur les photos, elles parlent d’elles-mêmes.

Nous partons de ce lieu mémorable pour aller dans la vallée sacrée, à Pisac pour commencer. La route est longue, nous nous trompons de chemin, et au lieu de faire 3h, nous en faisons 6… On s’arrête dans un village au milieu de la pampa pour manger ; on prend le menu du jour qui se compose d’un minestrone bien riche en légumes et pâtes puis d’un plat de viande, saucisse, riz, patate, salade et œuf et banane ! La serveuse nous demande si on n’a pas aimé le plat… on lui a juste répondu que les portions étaient un peu trop généreuses. Eh oui, c’est ce qu’il faut au paysan qui garde son troupeau tout le jour à cette altitude pour affronter sa journée ! Bien rassasiés, nous arrivons enfin à Pisac où nous devons marcher un bon ¼ d’heure avec nos sacs, sur un chemin de terre pour rejoindre notre maison d’hôte. Et là, nous sommes accueillis à bras ouverts par Stefano, sa maman Cecilia et leur 2 chiens. Ils ont un jardin très fleuri (rare dans cette région du Pérou), ça fait du bien aux yeux et au cœur ! Nous nous sentons comme à la maison. Le lendemain nous visitons le site archéologique de Pisac qui est perché sur un piton rocheux. Cette citadelle inca domine le village depuis un plateau triangulaire flanqué de gorges abruptes sur ses trois côtés. Environ 3 heures de marche sur des tout petits chemin très escarpés ; nous tenons fermement les mains de Mya et Nolé. La vue est superbe et le temps est encore une fois avec nous. Les temples sont bien préservés et leur architecture est admirable

Pour finir en beauté notre périple direction le Machu Picchu! Nous nous dirigeons tout d’abord vers le petit village d’Ollantaytambo, c’est le village accessible par la route le plus proche du Machu Picchu. Après 1.5 heure de train à travers une magnifique vallée escarpée nous arrivons à Agua Calientes (eau chaude !).Une route de terre qui serpente dans la montagne avec uniquement des bus qui se croisent nous emmène enfin au Machu Picchu. Notre attente est finalement bien récompensée, le site est fantastique, le soleil brille et la vue est à couper le souffle ! Il y a cette Energie incroyable que nous ressentons tous les 4, c’est quand même un des lieux les plus énergétiques au monde ! Nous parcourons cette véritable ville dans tous les sens. Les maisons sont si bien conservées qu’il est facile d’imaginer les habitants dans leur demeure. Nous croisons deux bébés alpagua de la taille des enfants qui ne sont pas farouches. Ils se laissent caresser (si doux) et prendre en photo. Les enfants en profitent et nous aimerions tous en prendre un avec nous ! Le retour à Ollanta se passe dans la joie et la bonne humeur : en effet, dans le train, les employés enfilent des vêtements, mettent la musique à coin et commencent à défiler ! C’est extraordinaire, tout le monde rit, danse et finalement pas mal d’habits ont étés vendus, quel succès ! Ce ne sont pas les employés des CFF qui seraient d’accord de défiler dans le train pour vendre des habits…

On peut dire que notre voyage dans le merveilleux, le magnifique, le mystérieux Pérou se termine là. Nous sommes encore allés à Cusco et à Lima mais nous étions si lessivés que nous n’avons pas visité d’endroits dignes d’en parler ici.

Nous nous réjouissons d’aller à Bahia au Brésil, où nous pourrons enfin nous reposer au bord de la mer. La fin de notre aventure avance à grands pas. Un chapitre très important de notre vie se ferme mais les rencontres, les sourires reçus, les nombreux moments forts passés en famille, cette Humanité qui peuple notre Terre nous ont grandis à tout jamais. Nous savons que ce n’est que la fin d’un chapitre, le reste de l’histoire est encore à écrire…